Dimanche 21 octobre 2007
Je t'aime. A m'en crever les dents de ne rien te dire...
Par plume de lune - Publié dans : émoglobine légère
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Dimanche 13 mai 2007

Affalé sur lit, le dos bien à plat, les coudes repliés, les mains lacées pour y poser la tête, Amoureux contemplait le plafond, dubitatif.
Au dessus de lui, se balançaient, chacun chez soi, Isidor, Capri et Bonaparte, les poissons rouges gagnés à la foire du trône.
L n'avait pas voulu qu'on les sorte de leurs maisons de plastique mou ne voulant pas "bousculer leurs habitudes" ni les mélanger de peur qu'ils n'essaient de prouver leur virilité et qu'ils ne finissent par se  manger entre eux. 
Amoureux avait du trouver un ingénieux système pour les nourir et les rattacher au plafond.

Satisfaite et enjouée, elle avait confié: "Ca m'aide à m'endormir. Comme un pendule, tu sais! Et puis ils ne sont pas trop dépaysés comme ça."


Il ne s'est pas inquiété tout de suite.


L était fraiche et hors du commun, faisait des choses extraordinaires ou incroyablement stupides sans faire "exprès". Une enfant délicieuse et terriblement charnelle. Ses joues veloutées et ses grands yeux changeant vous faisaient perdre toute notion de raisonnable ou rationnel. Le puéril de ses réactions, caprices ou divagations devenait pour vous que la demonstration de sa pureté enfantine. Mais toute enfantine qu'elle fut, L avait un corps dans lequel elle se mouvait dans un savant mélange de maladresses, d'ondulations, et de tensions. L'ambiguité même. Dans ses mots, dans ses gestes, dans son être entier, on ne pouvait déceler le mensonge de la vérité.


Par plume de lune - Publié dans : émoglobine légère
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Dimanche 24 décembre 2006
L, n'a pas donné de signe de vie à "son amoureux" depuis trois semaines.
Sa ligne était coupée, son appartement vide et leurs amis communs au courant de rien.Malgré la rupture, "Amoureux" s'inquiétait.
Apres la peur puis la fuite de cette magnifique proie à la folie, venait le manque.
Un trou béant, un quotidien enfin calme, malsainement raisonable et mature.
C'est sous la douche lascive du dimanche midi qu'Amoureux entendit le répondeur se mettre en marche.
A la premiere syllabe, entre les flots du pommeau cognant sur le plexiglass,il reconnu la voix flutée d'L.Il courru à travers tout l'appartement, encore trempé, s'arreta net devant le combiné: L, était en pleine conversation avec son répondeur.

"J'aime bien les répondeurs, ça résonne. J'aime bien quand ça résonne.comme dans la salle de bain. J'aime bien les sallas de bains ; avec du carrelage frais. J'aime le carrelage frais. Ca chatouille les pieds et ça ouvre les pores sur les épaules.

rictus cristalin; silence

Naan! décroche pas, fout nous la paix!

soupir sonore mais léger.

Ca y est...? il est parti??
Bon, là tu vois chuis assise, le menton sur mes genoux, adossée à la baignoire, les fesses sur le carrelage froid... Quoi? naaan chui pas toute nue j'ai une culotte et mon débardeur immaculé de sang...
 
un temps

c'est pas ma faute, je l'aimais vraiment, ma patouchka. Elle sentait tellement bon qu'il fallait que je verifie. Tu comprends? ... J'étais sûre d'avoir raison. Il fallait que je lui prouve à lui là... Tu comprends?...
Oui, Lui, ton espion perso assis sur un brin de canapé, l'oreille à fleur de répondeur près à bondir pour me lécher le tympan!
 
un temps, un souffle

...excuse moi...

Il fallait que je lui prouve que sentir bon de l'âme c'est possible... Tu comprends, hein? Tu comprends toi??
Alors oui, je l'ai ouverte avec mon coupe ongle, je l'ai dépecée, j'ai été très minutieuse, bien appliquée, pleine de douceur. Une fois ouverte, j'ai retourné ses entrailles comme un gant de toilette....
Il y a eu une douce effluve au creux de mes narines... chaude et tendre, charnue et ambrée... Divine.
Alors j'ai ris. Aux éclats comme du cristal. J'avais gagné!!
J'ai courru jusqu'à la chambre, j'ai bondi sur lit, je lui ai mis ma patouchka sous les naseaux et j'ai susuré victorieuse:
t'as vu, je le savais, mon chat sent encore plus bon de l'intérieur!
....
Mais lui, il n'est pas comme toi, il n'a pas compris.
Sa bouche s'est tordue comme un guignol qui fond, ses yeux m'ont sautés dessus, il a crié des mots que je ne comprenais pas  "monstre", "torture" et mon prénom en boucle. Il répétait sans cesse "pourquoi, pourquoi", alors moi je lui expliquait doucement en souriant pour le calmer, mais ça marchait pas. Il m'a attrapé par les cheveux...

oups! y'a le lait qui déborde faut quj'y aille!!
à bientot mon résonneur..."
 

la tonalité de fin de communication fit sursauter Amoureux qui, machinalement se leva du morceau de canapé qui l'avait recueilli,se dirigea vers le répondeur et l'eteignit. La machoire béante, il se traina vers la salle de bain: reprendre une douche...                        ...brulante.    


 

 

 

Par plume et pugilat - Publié dans : émoglobine légère
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Mardi 19 décembre 2006
Pas de routes sans coquelicots
Le p'tit rouge qui fait du pavot
Celui qui fane entre les doigts
Des colliers d'attaches à arracher
Des bourgeons à manger
 
Une trace à laisser
Mais pas d'image à entretenir
 
Grimper le lierre
S'étendre dans le vert
S'imbiber de soleil
Se fondre et aimer ça
sentir la pierre qui s'éffrite
Son parfum d'histoire et de sable
 
Etre un immense plexus
 
S'endormir en une barque amarée
Se réveiller naufragé
Attendre la marée inverse
Et laisser le sel décider ...
         
Par plume de lune - Publié dans : riktus
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Mardi 19 décembre 2006
Je suis tombée amoureuse d'un pain au chocolat.
J'en ai encore des miettes au fond du coeur et jusqu'au bout des orteils.
Il cache des milliers de recettes, sans le savoir.
 
Moi rat d'bibli, moi souris des villes je le grignoterai
Avec mes poumons, mes sens et mes pores.
 
Il sent l'amertume étincellante,
La poudre noire, je suis addict.
 
Il est méchant comme un agneau.
 
Pour le posséder je deviendrai "peau de loup"
Je ne serais vétue que de lui.
Vas t'en habit de lune
Nous irons vivre sur pluton.

Par plume de lune - Publié dans : êtres virtuels
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  • : Comme disait la plus féminine des loucheuses: des mots, encore des mots, toujours des mots. Parce que ce n'est que par eux qu'on echappe à son quotidien bitumé, qu'on ouvre toutes les trappes qu'on désire, peur, folie douce ou clinique, érotisme, colère.
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